Pays de Neige

La fraîcheur d'une vie ordinaire

14 novembre 2009

Les funérailles de mon grand-père, 1

uitLe bus m’a jetée au périphérique de la ville de Nantong. Il était cinq heures du matin. Un taxi attendait. J’y suis montée et ai dit au chauffeur de me conduire à la gare routière. Lui, il avait un accent marqué de Nantong. Il m’a demandé où j’allais. « Rudong »(Vers l’Est, nom de mon district ). A ces mots, il a changé d’accent et m’a dit : « Moi, je suis du Shigang ! » Les deux districts dont nous sommes issus sont proches. Il faisait encore nuit. Pas de piétons et peu de véhicules dans la rue, comme toutes les petites villes à cette heure-là. J’avais de la malaise derrière cet homme inconnu, dans le noir, qui m’a posé sans cesse des questions sur ma vie. Il a parlé de sa vie, de son fils surtout, un garçon quelques ans plus jeune que moi, étudiant de première année en gestion d’hôtels dans une petite ville près de Nankin. Le père avait pensé au débouché de l’étudiant : « On n’aura pas beaucoup de problèmes dans la recherche d’emploi. On connaît quelqu’un à la préfecture. »

A six heures du matin, le premier bus qui roulait à la campagne de mon district a démarré. Deux heures plus tard, j’en suis descendue et j’ai vu maman m’attendant au bord de la rue, toute souriante.

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12 novembre 2009

Il neige!

Ce matin, quand j'ai ouvert la porte...ah!

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J'ai décidé donc d'aller au musée.

Hier soir, j'avais lu un livre intéressant sur l'art antique chinois où l'auteur parlait des pierres gravées des caveaux funéraires. Il disait: "c'est dans le Shandong et dans le Sichuan qu'on en trouve le plus". Je me suis dit: "Mais je suis dans le Shandong, moi!"

Il tombe bien qu'il neige aujourd'hui. C'est le temps idéal pour visiter un musée.

En passant par le campus, je me suis émerveillée par la beauté de la cathédrale. Un de mes rêves adolescents, c'est de me trouver par la neige devant une cathédrale à Mosco. Maintenant je le désire moins car je l'ai en moité réalisé. La vie est miraculeuse. Jai entendu sonner la cathédrale!

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Dès que je suis entrée dans le musée, j'ai su que j'avais fait une très bonne décision: personne, personne sauf moi devant ces pierres antiques datant de la dynastie des Han(202 av.J.-C. - 220 ap. J.-C.). Je préfère, en général, les objets anciens d'avant le 17e siècle. Plus c'est ancien, plus on montre une belle imagination et une fraîcheur ravissante. Un exemple:

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L'animal à neuf têtes. C'est mignon!

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Aux quatre coins de la ville, on vend les patates douces en hiver. Quel réconfort pour moi de voir ce monsieur quand je suis sortie du musée sans manger à midi!

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10 novembre 2009

" C'est interdit ! "

J’ai demandé aux étudiants de quatrième année de me remettre chacun une création littéraire en fin de semestre. Pas de limite de mots ; tout genre littéraire est permis. Alors l’un d’entre eux m’a posé une question en souriant :

« Puis-je écrire une chose dadaïste ? »

« Ah non, c’est interdit ! »

Une autre étudiante :

« Oh professeur, tu nous as libéré l’esprit et maintenant tu nous dis : c’est interdit ! »

Et bien...

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02 novembre 2009

Mon grand-père est mort

Ce soir, mon grand-père est mort. Il n’y a aucune intimité entre lui et moi, pourtant, je suis triste. Devant la mort, chacun son tour, d’abord c’est nos grands-parents, et puis nos père et mère, enfin nous-même. Sans doute c’est en pensant à la mort qui s’approche de mes parents que j’ai pleuré. Les funérailles auront lieu mercredi midi. Je prendrai le bus demain soir pour revenir au village. Le voyage durera 12 heures. Ce ne sera pas facile... Maman m’a demandé au téléphone : « Habille-toi sérieusement ; il y aura une soixantaine de tables de personnes ! » Huit par table, soit 450 personnes environs pour le banquet des funérailles de mon grand-père. C’est fou. Mais ça me fera plaisir de quitter pour un moment la ville et si c'est possible de voir Yi à Nankin.

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31 octobre 2009

Je suis débutante du Meihuazhuang!

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                                           (Portrait de Yan Zijie)

Je suis allée faire la course à cinq heures de l’après-midi et j’ai rencontré, dans un coin du terrain de sports, dix ou sept étudiants qui pratiquaient le Meihuazhuang(la boxe en fleur de prunier,un art martial traditionnel chinois). Après quleques minutes de conversation avec un des garçons du groupe, je suis devenue membre de l’association du Meihuazhuang de l’Université du Shandong où a travaillé dans les années 80 et 90 professeur de mathématiques Yan Zijie, maître du Meihuazhuang de la 17ème génération, qui avait vécu pendant 18 ans à Tibet en tant que présentateur météo avant de venir à notre université. Le garçon m’a enseigné les cinq postures de base et m’a dit : « L’essentiel de pratiquer le Meihuazhuang, c’est de redevenir enfant. Tu vois les enfants, quoi qu’ils rencontrent, ils peuvent bien dormir la nuit et recommencer un autre jour avec bonheur »(ces mots me font penser aux éloges que fait Laozi sur les bébés), « maintenant tu es toute seule sous le ciel, tu oublies tout et le monde est à toi. » L’excercice a donné effet très vite à mon corps : j’avais de la sueur. Je pense que je vais le pratiquer régulièrement d’abord pour ma santé et aussi pour connaître des gens. Ah je suis un peu seule ici.

Pour info :

La grande fille de professeur Yan Zijie enseigne le Meihuazhuang en France. Voici l’adresse du site de l’Accociation Européenne de Mei Hua Zhuang

http://www.meihuazhuang.org/

Ici un petit vidéo de la représentation du Meihuazhuang faite par quelques étudiants de mon université, disciples du maître Yan Zijie:

http://v.youku.com/v_show/id_XMzMxMDE0MDA=.html

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28 octobre 2009

Le vieux quartier de Jinan- les sources

J'étais morte de bonheur au cours de la promenade dans ce quartier. Qui peut imaginer qu'àJinan, ville de poussières et de bruits, il existe un coin si tranquille où les gens...

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nagent au lever du soleil dans un étang de sources entourée par leurs maisons!

Oui, Jinan est surnommé"ville de sources". Il existe une centaines de sources à la ville qui coulent le long des canaux pour converger dans la douve.

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Les riverains en profite pour vivre une vie propre et douce.

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Un monsieur qui prend de la source.

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Une dame qui fait la lessive.

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Une jeune homme qui se lave des cheveux.

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J'ai commencé à aimer cette ville, je crois.

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Le vieux quartier de Jinan- les maisons

Le lundi après-midi, une gentille dame de l'administration de l'institut m'a donné un coup de téléphone pour me dire que les cours de la quatrième année de cette semaine seraient annulés à cause de la fièvre qu'avait un des étudiants de la classe(ici, H1N1 inquiète les universités, mais selon moi, on exagère un peu). Ah, quelle bonne nouvelle! J'ai acheté tout de suite un vélo tout neuf et commencé ma découverte de la ville. Je n'avais toujours pas eu envie de sortir. Le campus, l'appartement, le supermarché, voilà mon itinéraire de tous les jours et je ne m'étais pas ennuyée. Mais il arrive un moment dans la vie qu'on ne veut plus travailler et qu'on ne veut rien faire de sérieux. Depuis une ou deux semaines, je me lasse de la lecture qui est une grande source de mes plaisirs quotidiens. Alors, partons!

J'ai visité le vieux quartier qui se cache derrière les rues les plus modernes au centre-ville.

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A huit heures du matin, les habitants du quartier vont au travail. On aperçoit, de ce bout de la rue, une petite église à l'autre bout.

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Voilà, elle est bien jolie!

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Un agent de police dit au revoir à sa mère pour aller au bureau.

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Un petit magasin.

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Une maison privée.

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On détruit les vielles maisons pour les reconstruire en respectant le style architectural original.Là, je suis d'accord avec la mairie vu que les maisons sont si vieilles à risquer de tomber.

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21 octobre 2009

Le frais d'entretien social imposé à un père trop jeune

Hier, à onze heures du soir, j’ai reçu un message envoyé par mon oncle, cuisinier du village. Il m’y a raconté une histoire embêtante : il doit payer 1100 euros au Comité de planning familial du bourg pour son fils, mon cousin de 21 ans qui a rendu enceinte sa copine qui a mis au monde une enfant début cette année. Comme mon cousin n’a pas atteint l’âge légal pour le mariage(22 ans pour les hommes et 20 pour les femmes), son mariage selon le coutume(un banquet offert par la famille aux proches et aux voisins) est resté illégal et son enfant illégale aussi. Pour rendre l’enfant légale, mon oncle a payé 2 mille euros (une corruption) à une certaine personne de l’administration qui a fait enregistrer l’enfant sur le livret de famille. Mais quelque temps plus tard, le Comité de planning familial a imposé une amende de 1100 euros à la famille de mon oncle. « Je n’y ai pas obéri, ce n’est pas parce que j’étais contre le gouvernement, mais qu’il y avait là l’injustice : six familles du village ont connu la même situation que la nôtre, mais pourquoi elles ont payé seulement 500 euros alors que nous 1100 ?! Ces garçons-là sont même plus jeunes que mon fils ! Dis, d’après toi, je dois le payer ou pas ? » Ma première réaction après que j’ai su cette histoire : ce n’est pas possible ! L’amende est un peu trop élevée(mes cinq mois de salaire), non ? Mon cousin n’a pas commis un crime ; il a mis au monde, par accident, une enfant, tout simplement !

Ce matin, j’ai fait une recherche sur Internet pour savoir si cette amende était légalle ou pas. Et bien, la réponse ne va pas enchanter mon oncle : elle existe sous le titre de « le frais d’entretien social社会抚养费», selon une politique d’état. Mais dans le texte qui explique la politique, on n’a pas précisé le chiffre exact de l’amende, et c’est dans un reglèment rédigé par la préfecture du Jiangsu, j’ai lu la précision :

Le frais d’entretien social, s’il est imposé aux habitants de la campagne, le chiffre doit s'identifier au revenu net annuel moyen du bourg de l’année précédente de la naissance de l’enfant ; si son revenu dépasse d’une fois au moins au revenu moyen, il faut lui imposer, en plus du frais d’entretien social obligatoire, un frais d’entretien social de plus, soit une ou deux fois de la part de son revenu qui dépasse le revenu moyen.

Tout cela pour dire : mon oncle ou mon cousin n’a pas de choix ; il faut payer cette somme d’argent. Lorsque j’ai téléphoné à mon oncle pour lui communiquer le résultat de ma recherche, il n’était pas content, ce que j’entendais bien à l’autre bout du fil.

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(La maison de mon oncle)

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(Il a quelques machines à fabriquer des chaînes en fer)

Je suis désolée bien sûr pour cet argent que la famille de mon oncle va perdre, mais ce qui m’inquiète le plus, c’est le sort de ma petite nièce. Elle ne plaît déjà pas aux membres de la famille. Mon père m’a dit que « c’est la plus laide bébé que j’ai jamais vue » (chaque fois qu’il le dit, ma mère proteste : l’enfant changera avec le temps !) ; ma tante, assez jeune, de moins de cinquante ans, à cause aussi de la « laideur » de l’enfant, a demandé à mon père de chercher une famille qui voulait adopter sa petite-fille ; mon cousin, quant à lui, au quatrième jour de la naissance de sa fille, lorsque j’ai rendu visite à l’hôpital pour voir la petite bébé, m’a dit : « Soeur, ma vie est finie. Je suis tellement jeune et je suis déjà papa. Je ne pourrai aller nulle part.»

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Mais sur la photo, il avait l'air heureux.

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16 octobre 2009

Un village à la rive nord du Fleuve Jaune

J’ai acheté une carte de Jinan peu après que j’y suis arrivée en juillet mais je ne l’avais regardée de près qu’à un beau matin de la semaine dernière et j’ai trouvé avec surprise que la géographie de Jinan ressemblait beaucoup à celle de Nanjing : un grand fleuve, un lac et des collines. Au nord de Nanjing, c’est le Yangtsé alors qu’au nord de Jinan, c’est le Fleuve Jaune qu’on surnomme « le fleuve maternel » parce que la civilisation chinoise est née à son bassin. Yi est allé voir le fleuve pendant son séjour dernier à Jinan avec son ancien camarade. J’avais du malaise ce jour-là et ne les ai pas accompagnés. « Comment est le fleuve? » je lui ai demandé dès qu’il en est revenu. « C’est désagréable à voir...Il est tout comme un mourant.»

Oui, il avait raison.

Lorsque j’ai traversé le Fleuve Jaune dans l’autobus, je me suis dit en le regardant à travers la fenêtre : « C’est vrai qu’il est comme un mourant... »

Il n’y avait pas de bateaux sur le fleuve, le fleuve jaune comme son nom, trouble comme les yeux de mon grand-père de quatre-vingt-dix ans, qui coulait avec beaucoup de peine ; peu de véhiculs sur le grand pont quasi-neuf au-dessus du fleuve. Aux rives, c’étaient de petits forêts qui empoignaient fermement la terre que le fleuve pourrait dissoudre dans son agonie toute silencieuse.

Je ne me suis pas arrêtée sur le pont. J’ai pris l’autobus jusqu’à sa destination. Voici devant moi un village :

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Ce petit village inconnu du nord m’a fascinée. Je le regardais, j’hésitais si j’y entrerais, j’en avais envie mais j’avais peur aussi. Je pensais au regard de maman derrière la fenêtre quand passait un ou des étrangers dans notre village, aux figures des fous qui vagabondaient d’un village à un autre, aux aboiements des grands chiens de quelques familles sur la route à l’école...Je suis redevenue, à ce moment-là devant le petit village inconnu du nord, une fillette qui vivait dans l’effoi des choses existantes et imaginées, tremblante dans sa solitude toute noire de l’enfant.

J’ai avancé.

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L’intérieur du village était plus beau que j’avais imaginé. De l’extérieur, il était plutôt sombre et triste en comparaison avec les villages du sud du Jiangsu. Quelques grand-mères, voisines depuis des dizaines d’années, se discutaient au bord de la rue. Elles ont soulevé la tête dès qu’elles ont entendu mes pas. L’une d’entre elles m’a demandé : « Que tu fais ici ? » « Moi, je...je prends des photos. » « Quoi ? Que tu dis ? » « Je...je prends des photos... » « Ah ? » Elle ne me toujours comprenait pas. A cause de ma langue ? Mais il n’y a pas de différences énormes entre le dialogue de Jinan et le putonghua (chinois officiel). Une autre dame m’a dit : « Nous, nous sommes toutes sourdes, parle à haute voix ! » Alors j’ai répété ma phrase en leur montrant mon appareil photo. Enfin, elles m’ont laissée passer.

« Tu fais quoi ici ? » Cette fois-ci, c’est une dame quarentaine ou cinquantaine qui poussait un véo et m’a posé la question. « Je...je fais la visite ! Tout à l’heure je passais par ici et votre village m’intéressait et je suis venue pour le visiter. Il est bien joli ! » La dame a souri : « Joli ! Tout le monde trouve qu’il est joli, mais ce n’est que l’apparence. La maison est belle mais nous n’avons pas l’argent ! » Elle m’a dit que ce village avait été construit une dizaine d’années plus tôt sous l’ordre du gouvenement local. Les villageois ont perdu leur terre prise par le gouvenement et chaque personne(ou famille, je n’ai pas bien entendu) a obtenu à peu près 2 mille euros : c’est tout, « maintenant on n’a même pas une terre pour planter des légumes. Les jeunes gagnent leur vie à la ville en faisant de petits boulots alors que nous, les vieux, on n’a rien pour vivre. Le gouvenement fait la décision, nous, nous ne savons pas comment ça fonctionne, nous ne pouvons qu’obéir. » Elle m’a demandé ce que je faisais dans la vie et j’ai répondu : « Je suis enseignante à l’université du Shandong. » « Enseignante ? Tu enseignes quoi ? » « J’enseigne... » Avant que je lui donne la réponse, elle m’a dit : « Tu enseignes sûrement une langue étrangère. » « Mais oui ! Comment vous le savez ? » « Ca se voit », elle a souri encore. Et puis, elle m’a demandé : « Tu viens d’où ? » « Du Jiangsu, de Nantong du Jiangsu. » « Parle dans ton dialecte. » « Ah, dans ce cas-là, vous ne pourriez pas me comprendre. » « Ce n’est pas certain, parle. » Alors j’ai prononcé une simple phrase dans mon dialecte et elle l’a répétée correctement dans le putonghu, ce qui m’a fait pousser un cri admiratif : « Comment c’est possible ! Mes collègues du Shandong n’y arriveraient pas. » « Je connaîs ta région. Mes parents sont Shanghaïens. » « Ah bon ? » « Mes parents et mon petit frère vivent à Shanghai. J’ai essayé de faire enregistrer mon état civil à Shanghai, mais ce n’était pas possible, alors j’ai dû m’installer pour toujours dans le Shangdong. » « Ah... » « Mais le Shandong c’est bien ! Je le préfère que Shanghai. » Je n’ai pas posé plus de questions sur sa famille, je pense que c’est une histoire concernant la Révolution Culture. Le vétérinaire de mon village, à peu près du même âge que la dame, est issu d’une famille Shanghaïenne qui s’est déménagée au village pendant la Révolution Culturelle au bout de laquelle ses parents et ses frères sont revenus à Shanghai alors que lui, il a dû rester à la campagne.

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On s’est parlé toujours au dehors, devant sa maison. Enfin, elle a voulu y entrer et n’a pas montré la volonté de m’inviter à la maison (ce dont j’aurais envie). J’étais sur le point de quitter le village. « Attends ! » Elle a pris une grenade dans l’arbre de la cour et l’a posée dans ma main : « Tiens ! Tu as l’air adorable. Reviens ici quand tu veux. Et...le Fleuve Jaune au-dessous du grand pont n’est pas le plus joli ; tu devrais te déplacer à Fuqiao pour le voir, tu n’en serais pas déçue. »

« Merci ! »

La grenade était délicieuse.

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10 octobre 2009

Les charrettes à la rive sud du Fleuve Jaune

Je n'ai jamais vu ce genre de charrettes avant de venir à Jinan. Il semble que ces animaux ne vivent qu'à la campagne du nord. Les deux photos suivantes ont été prises à la rive sud du Fleuve Jaune, à la banlieue de Jinan.

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